Le Conseil des ministres du mercredi 18 février 2026 a entériné un changement à la tête de la Société nationale des Habitations à Loyer modéré (SN HLM). Monsieur Pape Abdourahmane DABO, Ingénieur des Travaux publics, est nommé Directeur général de la SN HLM, en remplacement de Bassirou Kébé.
Cette décision met fin aux fonctions de Bassirou Kébé, jeune leader du parti Pastef, formation politique dirigée par Ousmane Sonko et actuellement au pouvoir sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye.
Le communiqué officiel du Conseil des ministres ne précise pas les raisons de ce remplacement. Toutefois, plusieurs observateurs établissent un lien entre cette décision et les récentes prises de position publiques de Bassirou Kébé.
L’ex-directeur général n’a jamais caché sa déception face à la lenteur judiciaire concernant les événements survenus entre 2021 et février 2024, période marquée par de fortes tensions politiques et des pertes en vies humaines qualifiées de « martyrs du projet Pastef » par ses partisans.
Plus récemment, il aurait également exprimé des critiques sur la gestion de la situation tendue à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), renforçant l’idée d’un malaise interne.
Peu après l’annonce de son limogeage, Bassirou Kébé a réagi sobrement sur les réseaux sociaux : « Salam les patriotes, Merci pour tout. C’est un non-événement. Le combat continue. » Un message qui se veut apaisant, appelant ses soutiens à relativiser la décision et à rester mobilisés.
Onde de choc chez les militants. Le limogeage a suscité de vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux. De nombreux militants de Pastef expriment leur incompréhension, certains y voyant une mise à l’écart d’une voix critique au sein du pouvoir.
D’autres commentateurs évoquent une possible volonté de « désonkorisation » progressive de certaines sphères de l’État, une analyse qui alimente les débats internes et externes au parti.
Au-delà de la dimension administrative, ce changement à la tête de la SN HLM prend une portée politique significative. Il intervient dans un contexte où la gestion des attentes militantes et la question de la justice transitionnelle demeurent sensibles.
Reste à savoir si cette décision marque un simple réajustement institutionnel ou le signe d’un repositionnement stratégique plus large au sein du pouvoir.
