OUSMANE SONKO A L'ASSEMBLEE NATIONALE LE 24 FEVRIER 2026
Dakar – Prenant de la hauteur lors de son intervention, le Premier ministre Ousmane Sonko a élargi le débat bien au-delà des contingences nationales, inscrivant l’action de son gouvernement dans une dynamique géopolitique et économique mondiale qu’il qualifie de « croisée des chamboulements majeurs ».
Selon le chef du gouvernement, l’ordre international connaît une mutation profonde marquée par l’émergence de nouveaux blocs de puissance et un déplacement des centres de gravité économiques.
Dans ce contexte, il estime que l’Afrique doit cesser les « débats inutiles » et engager une réflexion stratégique de long terme. « La seule île de croissance dans ce monde, c’est l’Afrique », a-t-il affirmé, plaidant pour une ambition continentale assumée.
Il a évoqué ses échanges à Addis-Abeba avec l’économiste américain : Jeffrey Sachs
Reprenant certaines analyses entendues, il a soutenu que l’Afrique n’a pas besoin d’austérité, ni simplement d’annulation de dette, mais plutôt d’une marge de manœuvre de 20 à 30 ans sans pression excessive sur le service de la dette, afin de concentrer ses efforts sur la croissance.
Au Sénégal, après des années de ralentissement économique, les autorités affichent désormais l’ambition claire d’atteindre une croissance à deux chiffres.
Ousmane Sonko a défendu l’objectif d’une croissance endogène annuelle d’au moins 10 %, soutenue par des investissements massifs dans : Les infrastructures, l’éducation, l’industrialisation et la transformation locale des ressources naturelles.
Il a cité les trajectoires de la Chine et de l’Inde comme exemples d’émergence progressive, estimant que « le tour de l’Afrique est venu ».
Selon lui, un noyau de pays africains volontaristes peut impulser ce mouvement, sans attendre l’alignement des 55 États du continent.
Le Premier ministre a réaffirmé la volonté du Sénégal de reprendre le contrôle stratégique de ses ressources naturelles, notamment le gaz et le phosphate.
Ousmane Sonko a annoncé qu’un point de presse sera prochainement organisé pour détailler les renégociations contractuelles menées ces deux dernières années.
Au-delà des choix économiques, Ousmane Sonko a recentré son discours sur la gouvernance et l’éthique publique.
Il a appelé les Sénégalais, et particulièrement les responsables publics, à être des modèles de gestion et d’intégrité, dénonçant les pratiques du passé qui ont contribué à la défiance citoyenne.
Le chef du gouvernement a également évoqué les résistances internes au changement, parlant d’un « système à multiples têtes » présent dans l’administration et les institutions.
